A la faveur de la nouvelle alternance politique, le Sénégal s’est engagé résolument dans une phase de ruptures profondes dans la manière de penser, de concevoir et de mettre en œuvre le développement économique. Cette nouvelle ère qui postule le soutien public d’un secteur privé, promoteur d’une croissance économique vigoureuse et soutenue, se conçoit dans le cadre d’un Etat fort, garant des libertés, concentré sur ses objectifs de prestation de services publics essentiels de qualité et évoluant dans un environnement financier public assaini et maitrisé.
Cette nouvelle doctrine, pour être opérante, nécessite au préalable la libération des énergies individuelles et collectives et la pleine exploitation des potentialités des territoires.
Concrètement, la poursuite de l’objectif d’émancipation économique des populations conduit l’Etat à la mobilisation des ressources nécessaires au financement des biens et services publics de qualité au bénéfice des populations, notamment les plus vulnérables, en vue de faciliter leur transition vers l’autonomie.
Ce nouveau contexte de restauration du cadre macroéconomique et de recentrage du rôle de l’Etat, avec comme corollaire le renforcement des marges de manœuvre budgétaires, permettra à l’Etat de mettre en place les conditions d’éclosion et d’épanouissement du secteur privé, dans sa globalité (formel ou informel) et de chaque Sénégalais, encouragés à devenir des acteurs clés d’un Sénégal souverain. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons progressivement nous libérer des liens de la dépendance extérieure.
La mobilisation des potentialités des territoires est une condition essentielle d’une croissance forte et durable. Le développement, pour être une réalité, doit émaner des initiatives des acteurs économiques locaux, bénéficiant des avantages d’un cadre économique favorable à l’entreprise.
Découvrir les contraintes des entreprises là où elles opèrent, et leur trouver les bons partenaires, nécessitera une décentralisation de l’action publique, non seulement dans la découverte des problèmes, mais également des solutions et des mécanismes de leur mise en œuvre.
De ce point de vue, la planification du développement se fera également à l’échelle de pôles régionaux afin de bâtir des consensus locaux avec les acteurs des secteurs pertinents à accompagner.
Dans un environnement budgétaire contraint et des responsabilités accrues, nous devons orienter nos efforts vers les secteurs où notre pays dispose d’avantages comparatifs évidents. C’est tout le sens de la stratégie nationale que nous portons, avec l’objectif de capturer les différents dividendes issus de nos trajectoires démographique, urbaine, économique et institutionnelle.
L’Etat entend valoriser pleinement le dividende démocratique, par la libération de l’initiative économique dans les pôles territoriaux davantage autonomisés et un accompagnement fort du secteur privé local.
Enfin, dans un monde en mutation, nous sommes condamnés à choisir. Choisir de nous concentrer sur les filières les plus stratégiques : agriculture, industries de transformation, énergie, numérique, services à haute valeur ajoutée. Autant de domaines dans lesquels le Sénégal possède des ressources naturelles ou des savoir-faire distinctifs, qu’il convient de valoriser au service d’un développement endogène, équitable et durable.
Le Sénégal fait partie de l’UEMOA qui est une expérience d’intégration financière et monétaire qu’il convient de consolider et adapter pour accompagner nos économies et renforcer le dynamisme du secteur financier de l’Union.
Liberté, autonomie, responsabilité, justice, prospérité dans la foi en des valeurs fortes.
Tel est le projet de souveraineté.




